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« Pour une nouvelle politique culturelle »

En matière d’arts, de lettre et de culture, on peut affirmer que la démocratisation s’est faite par le biais de la consommation accentuée par l’arrivée et l’implantation de l’Internet. La mass médiatisation soutenue et fortement accompagnée, pour ne pas dire intimement rivée aux industries culturelles, a mis en place la reproduction des œuvres par des moyens mécaniques et technologiques et a ainsi incité à une démocratisation d’un certain type de culture. Petit à petit, culture de masse, culture populaire et culture savante se sont séparées. Si d’aucuns y ont vu un drame à l’époque où la rupture s’opérait, certains peuvent se réjouir, car, aujourd’hui, la présence sur le Web des trois types de culture donne à penser qu’elles sont réunies. Sans doute le sont-elles dans un espace virtuel, mais dans la réalité le sont-elles vraiment ? Par ailleurs, existerait-il une cloison dont presque personne ne parle puisque seule une petite minorité semble concernée par le phénomène ?

En effet, sans contredit, la réunification des types de culture a bel et bien eu lieu sur la Toile dont on connaît les effets tentaculaires. Internet sans contenus ne pourrait pas se développer – et n’aurait pas pu croître – à la vitesse grand V tel qu’on le connaît à l’heure actuelle. Toutefois, et c’est là le hic, qui dit contenu dit créateur de contenu. On a tendance à croire que le contenant crée les contenus. Erreur ! Les contenus sont déposés dans le contenant. Or, dans la sphère culturelle, qui produit les contenus sinon les créateurs ?

La littérature, la chanson et la musique, le cinéma, pour parler de ce à quoi tout le monde peut accéder rapidement, emportent dans l’imaginaire et aident à connaître la réalité de la vie sous toutes ses coutures. La littérature nous transporte dans des univers concourant à nous détacher de l’ordinaire qui est nôtre pour pénétrer le quotidien des autres, nous révèle à nous-mêmes l’érotisme, la violence, la tendresse, le doute et la foi, l’amour et la compassion ; la musique prend aux entrailles, enchante, permet de vivre les émotions les plus vives, réconforte, peut contribuer au lien entre l’humain et une transcendance ; le cinéma, véritable bouffée d’air frais, nous place devant la tragédie humaine, la complexité de la vie. Or, voilà concrètement ce à quoi les arts, les lettres et la culture participent à l’épanouissement de soi et de la communauté, à notre émerveillement, à notre résilience devant la détresse, voire l’horreur.

Il ne s’agit pas seulement de mettre les grandes œuvres de l’esprit à la portée du plus grand nombre, il faut aussi insuffler la créativité afin de dépasser les codes esthétiques plus anciens – sans les renier –, modifiant ainsi nos perceptions et nos rapports à la vie. L’acte de créer doit crever l’esprit du temps, inventer, aller à contre-courant. En ce sens, l’art vivant, source de tous les possibles, ne peut pas être momifié par les effets de mode et par la récupération consumériste.

Et l’école, où est-elle passée ? Celle qui donnait les nourritures spirituelles existe-t-elle encore ? Elle est autre part. Pourtant, elle devrait s’occuper de la culture. Culture et éducation ont déjà vécu en étroite symbiose et, au gré des réformes, une dichotomie s’est constituée, entraînant aussi une perte de sens pour les enfants et les adolescents avec un ricochet sur les adultes. Ne sait-on pas, au moins depuis le très éminent pédopsychiatre anglais Winnicott, que, pour les enfants, la création culturelle est précieuse, voire essentielle. Prendre soin de l’enfant – et de l’adolescent – afin, d’abord, d’exercer son imagination et, ensuite, d’entrer en relation avec l’autre. La musique, le conte, le slam, le théâtre et les arts visuels, le cinéma, même la radio sont propices à accueillir à la fois la singularité et l’altérité, de même que l’engagement envers soi et envers les autres.

Il existe une nécessité pour les enfants et les adolescents de ressentir, de s’exprimer et, plus encore, de rendre beau ce qu’ils ressentent. L’activité artistique passe ici par la pratique artistique qui ouvre de nouvelles fenêtres sur la confiance en soi, sur de nouvelles façons de se voir, de se comprendre, de s’aimer et de trouver sa propre voie dans la vie.

Afin de réaliser un retour de la culture au sein de l’éducation, il faut essentiellement des institutions ou des établissements qui se dégagent de leurs comportements conservateurs et archaïques ; des médiations associées à la rencontre des œuvres antérieures perçues et vécues non pas comme sclérosées, mais, bien au contraire, entendues comme tremplins donnant sur de nouvelles œuvres brisant ainsi le carcan de l’histoire ; et une volonté politique forte qui donne une place centrale à l’expérience artistique sous toutes ses formes dans l’école, et ce, pour tous durant toute leur scolarité. En ce sens, il faut une multiplication des partenariats entre les artistes et l’école partout sur le territoire ; favoriser les pratiques amateures et professionnelles ; faire en sorte que l’expérience esthétique ne soit plus réservée qu’à quelques-uns.

Il me semble que l’enjeu est majeur et qu’à l’avenir, toute politique culturelle qui vaille devra tenir compte des possibilités de la création artistique et devenir ainsi une politique esthétique. Convenons-en : c’est ce qui manque lamentablement à notre société en plein désarroi !
 


20 décembre, 10 h 55

« Aller à la rencontre de soi, c'est la plus grande et la plus belle aventure culturelle qu'on peut s'offrir, dans quelque espace-temps qu'on se retrouve! Je vous propose, Monsieur Lafond, d'une part d'inclure la danse comme expression culturelle accessible pour tous les publics y compris les écoles; et d'autre part, de faire parvenir votre message à Madame Louise Sicuro, Présidente et directrice générale de Culture pour tous, à l'issue du symposium international des 4 et 5 décembre 2011, intitulé Médiation artistique et innovation managériale, ou il a été question de l'intégration des arts en milieu de travail en soutien à l'innovation et au développement viable en entreprise. Les distinctions que vous faites sont TRÈS importantes et ne sont pas émergées lors du symposium. La rencontre avec les artistes reste à faire - je crains qu'on ne banalise ce que vous appelez "l'acte de créer" pour en faire la dernière saveur populaire en matière de gestion... »
Odette Levac Services conseils, Naviguer en eau vive et Présidente, Conseil d'administration, Produ, Ville de Gatineau

28 juillet, 02 h 42

« Texte bien senti. L'école ne joue pas son rôle. Elle travaille à l'extérieur de l'essentiel toujours prête à servir servilement les intérêts de ceux qui prônent la facilité, le clinquant et la conformité. »
Paul Lajoie, Ville de Gatineau

28 juillet, 02 h 25

« Bien d'accord Michel-Rémi. Internet peut s'avérer un bon relais pour les arts, la création, la culture. Mais rien ne vaut un professeur qui va au musée avec sa classe, qui amène ses élèves au théâtre, au Salon du livre... Il n'y a pas seulement Bal de neige ou les cabanes à sucre. Il faut une politique culturelle à l'école qui mise sur l'éducation à partir des oeuvres. Donnons aux jeunes la possibilité de rencontrer l'art. Et ça commence à la maison, et plus encore à l'école, qui démocratise ainsi la culture. »
Jacques Gauthier, Ville de Gatineau

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Dernière mise à jour : 21 juillet 2017
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